Périsse la patrie et que l'humanité soit sauvée.
Plus ça va, plus je trouve que cette citation de Proudhon est d'une vérité absolue.
Je me désintéresse de plus en plus du débat politique, en revanche je suis le plus souvent les débats télévisés et les décisions prises par les différents gouvernements.
Une chose me frappe systématiquement, la politique (et ce depuis les grecs) s'occupent de la cité.
Ceux qui ont assisté à un débat politique, ça parle de millions de chômeurs, de millions de pauvres, de millions de riches. La vision est toujours "macro".
Il apparait clair que les hommes (et femmes) politique parlent de chiffres et administrent nos pays comme des tableaux excel:
Il faut faire baisser cette ligne, monter celle là,...
Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un gouvernement ou un homme politique (en tout cas de principaux partis) considérer ses administrés comme des êtres humains et non la partie inerte d'un groupe statistique.
Là où je veux en venir c'est que lorsque l'on parle d'un million de chômeurs, les politiciens parlent d'une masse appelée chômage, alors qu'on devrait parler de 1 million de personnes qui sont au chômage, pas d'un score de jeu vidéo qui monte ou baisse en fonction de nos actions.
Certes, il est difficile d'avoir une politique globale qui permette de prendre en considération l'humain contre les tendances économiques, les évolutions des marchés et tout ce qui nous pousse à la globalisation des décisions et de mesure de l'efficacité de ces décisions.
Cependant, une décision qui ferait que 100 000 personnes en chômage de longue durée trouvent un travail, mais que dans le même temps 100 000 autres personnes perdent leur emploi aurait-elle le même non-impact que les chiffres aimeraient le montrer?
Je crois que mon désintérêt pour la politique en général est que finalement, il ne s'agit pas d'une pratique humaine, il s'agit d'une discipline statistique et administrative qui, à défaut de pouvoir comprendre l'Humain, le renie et le fait rentrer dans des groupes afin de pouvoir le comptabiliser, le segmenter et le manipuler.
Plus la politique a de puissance dans un pays, plus cet état de fait est flagrant, je pense par exemple au communisme en Europe de l'est pendant la deuxième moitié du XXème siècle, ou la personne, l'humain, avec tout ce qui le compose (ses particularités, sa différence, sa pensée) étaient systématiquement écrasé et refoulé par une politique globaliste toute puissante imposant un abandon de la personne au profit de l'Etat (et du parti dans le cas qui nous occupe ici).
Plus j'y pense, plus ça me dégoute de la politique, je me dis qu'au fond notre ami Proudhon a raison:
"Périsse la patrie et que l'humanité soit sauvée."

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